PRESSE

“Les actrices, Isnella da Silveira et Géraldine Battesti, sont extraordinaires, elles rendent le passé présent. Les spectateurs sont noyés dans un océan de jazz noir américain, sensuel et chaud. Premier spectacle de Thomas Prédour, un moment d’exception, le jazz de Nina Simone, le jazz tel qu’on l’aime. (…) Au piano, on retrouve Charles Loos, excellent. Une immersion qui vaut vraiment la peine. Rien de plus, rien de moins.”

“Dans NinaLisa, Thomas Prédour crée un voyage musical qui démêle les fils de l’intime, du professionnel et de l’Histoire incarnés par une icône, ses démons et sa fille. (…) Chaque moment musical me fait respirer jusqu’au prochain, j’expérimente un cycle au sein duquel j’apprends et je respire. (…) Lorsque Isnelle Da Silveira et Dyna chantent, tout devient accessoire.”

“D’abord la lumière, tamisée. Ensuite, des notes qui s’élèvent du piano, comme un prélude invitant à se laisser embarquer dans le dernier tourbillon de la vie de Nina Simone. Enfin, une voix, celle de sa fille Lisa, qui s’impose doucement, jusqu’à vous faire frissonner. C’est ainsi qu’on s’immerge, envouté.es, dans l’histoire, leur histoire. (…) Lorsque les voix des deux comédiennes, mêlées au son du piano de Charles Loos, ce grand nom du jazz belge, s’unissent, tout devient limpide.”

CHARLES LOOS ET NINA SIMONE

5 QUESTIONS AUTOUR DE “NINALISA”

Pianiste belge et jazzman reconnu, Charles Loos a foulé parmi les plus belles scènes de son temps en compagnie d’artistes tels que Toots Thielemans, Chet Baker, Philip Catherine ou encore Maurane. En janvier, il sera sur les planches du Public aux côté de deux chanteuses à l’occasion de NinaLisa, un spectacle musical qui retrace la vie mouvementée de l’une des plus grandes voix soul du 21ème siècle : Nina Simone. Entre deux répétitions, nous en avons profité pour lui poser quelques questions.
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On raconte que vous avez joué la première partie de Nina Simone, est-ce vrai ?
J’ai découvert Nina Simone très jeune. J’avais 12 ans et j’écoutais les festivals de jazz à la radio de manière illicite dans mon lit sous les draps. Au début des années soixante, il y avait un festival de jazz en Belgique qui se jouait à Comblain-La-Tour où tous les grands sont passés : Coltrane, etc. C’est là que je l’ai découverte. Je me vois encore, petit bonhomme dans mon lit sous les draps… Nina Simone à Comblain-La-Tour, un des grands chocs musicaux de ma vie.
Une trentaine d’années plus tard, il se trouve que j’ai fait sa première partie par accident. Elle devait jouer à un festival à Ostende et on savait qu’elle aurait beaucoup de retard. On m’a donc demandé, avec d’autres musiciens, d’assurer une première partie en dernière minute, ce que j’ai fait. Je me souviens de l’avoir vue dans sa loge ce soir-là. C’était les années nonante et elle était malheureusement déjà une ruine, très affectée par la maladie et beaucoup d’autres choses.
 
En tant que pianiste, quel plaisir trouvez-vous à jouer dans NinaLisa ?
D’abord, Isnelle da Silveira et Dyna sont deux formidables chanteuses. Elles sont exceptionnelles, individuellement et ensemble. Et je dois dire qu’à chaque répétition, je m’éclate, je kiffe comme disent les jeunes (rire). C’est impressionnant comme elles chantent !
 
À quoi peut-on s’attendre musicalement parlant ?
Disons qu’on est toujours parti des versions originales pour en faire quelque chose de plus personnel. Sans trahir l’esprit de Nina Simone pour autant. En ce qui me concerne, ça ne m’intéresse pas de faire une copie conforme. J’ai déjà entendu des groupes qui sont admirateurs des Beatles et qui les reproduisent à la perfection. Pour moi c’est sans intérêt, c’est une copie. Ce qui m’intéresse est de m’imprégner de l’original pour aller plus loin.
 
Nina Simone, c’est de la pop, en comparaison à ce que vous avez l’habitude de jouer, non ?
Depuis que je suis né, j’ai baigné dans la pop des Beatles, des Stones et de Jimi Hendrix. Ce qu’on appelait d’ailleurs « pop » à l’époque est devenu « rock » aujourd’hui. Je suis un jazzman issu de cela : j’ai passé mon adolescence à écouter Françoise Hardy, Gainsbourg, etc. J’étais le pianiste de Maurane pendant des années, son premier d’ailleurs, alors je n’ai vraiment aucun mépris pour cette musique. Au contraire, pour moi de la pop bien faite, ça vaut mieux que du simili jazz qui swingue pas (rire).
 
On reçoit bientôt Johan Dupont et Fabian Fiorini au Public dans Juke-Box Opéra, deux pianistes que vous connaissez je crois.
Oui, je les connais bien. Ils n’ont pas été mes élèves mais on se connait depuis des années donc je les croise régulièrement. On a encore fait le bœuf ensemble avec Johan chez un ami commun l’année passée. C’est toujours très gai de jouer à 4 mains avec eux. Ce sont deux super pianistes.
 
Interview : Marin Lambert